Mesurer sa tension à la maison et obtenir un chiffre vraiment utile
La position du brassard, le bon moment et les trois mesures qui comptent.
La question qu’on me pose le plus souvent au sujet des tensiomètres à domicile ressemble toujours à ceci : pourquoi mon chiffre à la maison est-il si différent de celui de la clinique ?
C’est une bonne question, et elle a une vraie réponse. Une mesure de tension artérielle est un instantané d’un seul moment, et elle bouge au fil de la journée. Elle monte quand vous vous dépêchez, quand vous parlez, quand vous êtes assis d’une certaine façon, quand vous venez de monter l’escalier jusqu’à la salle d’attente. Deux mesures prises à vingt minutes d’intervalle peuvent avoir l’air de venir de deux personnes différentes.
Les tensiomètres à domicile sont aussi sensibles à la technique. La position de votre bras, le fait que votre dos soit appuyé ou non, le brassard posé par-dessus une manche : de petites choses comme celles-là changent beaucoup le chiffre. Cela tient au fonctionnement de l’appareil, pas à quoi que ce soit que vous auriez mal fait.
Pourquoi le chiffre de la clinique et celui de la maison ne concordent pas
Chez bien des personnes qui vivent avec de l’hypertension, la mesure prise en clinique est plus élevée que celle prise à la table de cuisine. Se rendre à un rendez-vous, cela veut dire la circulation, le stationnement, des escaliers, une salle d’attente et une personne inconnue qui vous pose un brassard sur le bras. Votre corps réagit à tout cela.
Chez d’autres personnes, c’est l’inverse, et c’est le chiffre de la maison qui est le plus élevé. Les deux profils sont connus, et ni l’un ni l’autre ne veut dire qu’un tensiomètre est défectueux.
C’est pour cela que les équipes de soins aiment les mesures prises à la maison. Un chiffre de clinique, c’est un seul moment. Une poignée de chiffres pris chez vous montre la tendance, et c’est la tendance qui est utile.
Préparez-vous avant de prendre une mesure
Quelques minutes de préparation font plus pour le chiffre que n’importe quoi d’autre.
- Videz votre vessie d’abord, car une vessie pleine fait monter un peu la mesure
- Laissez passer une demi-heure après le café, la cigarette ou l’exercice avant de mesurer
- Assoyez-vous sur une chaise avec dossier, pas sur un tabouret, un bras de divan ou le bord du lit
- Posez les deux pieds à plat au sol, sans croiser les jambes
- Appuyez votre bras sur une table pour que le brassard se trouve à peu près à la hauteur de votre cœur
- Placez le brassard sur la peau nue, pas par-dessus une manche, et pas avec une manche roulée serrée au-dessus
- Restez assis tranquille pendant environ cinq minutes avant d’appuyer sur le bouton de départ
- Ne parlez pas, ne consultez pas votre téléphone et ne regardez rien pendant la mesure
Rien de tout cela n’est de la minutie pour la minutie. Un bras qui pend le long du corps, ou des pieds qui ballottent au lieu d’être à plat, peuvent déplacer le chiffre assez pour changer ce que voit votre équipe de soins.
La taille du brassard compte plus qu’on le pense
Le brassard doit correspondre à votre bras. Un brassard trop petit a tendance à donner une mesure trop élevée, et un brassard trop grand, une mesure trop basse. C’est un équipement mal assorti, rien de plus.
La plupart des brassards portent des repères imprimés à l’intérieur, qui indiquent où l’extrémité doit arriver une fois le brassard enroulé. Si l’extrémité tombe en dehors de ces repères, une autre taille existe. Le bord inférieur se place à environ deux largeurs de doigt au-dessus du pli du coude, assez ajusté pour glisser le bout d’un doigt en dessous, mais pas plus.
Si vous n’êtes pas certain que le vôtre vous convient, montrez-le lors d’une consultation vidéo avec votre infirmière ou infirmier. La vérification prend une minute.
Les trois mesures qui comptent
Voici la partie dont presque personne n’entend parler, et elle explique bien des chiffres déroutants.
Prenez trois mesures de suite, à environ une minute d’intervalle. Mettez ensuite la première de côté et faites la moyenne des deux dernières.
La première mesure est souvent la plus élevée des trois, et c’est normal. Votre corps est encore en train de se poser : vous vous êtes déplacé pour vous asseoir, vous avez enroulé le brassard, le brassard a serré votre bras pour la première fois. La deuxième et la troisième se rapprochent de votre niveau habituel, et en faire la moyenne atténue les variations que porte toute mesure isolée.
Une première mesure plus élevée que votre cible n’est donc pas une alarme en soi. C’est ce que fait habituellement la première mesure.
La première mesure, c’est l’échauffement. La moyenne des deux suivantes, c’est le chiffre qui vaut la peine d’être noté.
Le moment : mêmes heures, jours différents
Une seule mesure vous apprend très peu. Une série de mesures vous apprend beaucoup.
Visez à peu près les mêmes heures, des jours différents : le plus souvent une fois le matin, avant de manger ou de prendre vos médicaments, et une fois le soir. Des heures régulières, cela veut dire comparer des choses comparables, plutôt qu’un lundi matin avec un jeudi après le souper. Une semaine de mesures avant un rendez-vous donne à votre équipe de soins de quoi travailler.
Notez tout, y compris les mesures étranges
Consignez chaque mesure, y compris celles qui vous semblent fausses. Celle qui est bien plus élevée que les autres. Celle où le brassard a glissé. Celle prise après une discussion avec le fournisseur d’Internet.
On a très envie de laisser celles-là de côté, ou de reprendre la mesure jusqu’à ce qu’un chiffre paraisse meilleur. Cela vaut la peine d’y résister. Votre équipe de soins lit la forme de l’ensemble, et une mesure étrange accompagnée d’une note (« je rentrais de dehors en vitesse ») est plus utile qu’un trou.
Si votre tensiomètre se synchronise avec une application, tout est consigné pour vous. Sinon, un carnet à côté de l’appareil fait très bien l’affaire. Notez la date, l’heure, la moyenne de vos deux dernières mesures et tout ce qui sort de l’ordinaire.
Les cibles sont les vôtres, pas un chiffre général
Vous ne trouverez pas de chiffres cibles dans cet article, et c’est voulu. Les cibles varient d’une personne à l’autre, et elles changent avec l’âge, les autres problèmes de santé, la grossesse et les médicaments. Votre équipe de soins fixe la vôtre et peut vous la dire en mots simples.
Si une mesure sort plus haut que votre cible, la bonne réaction est de la noter et d’en parler, pas de changer quoi que ce soit de votre propre chef. Ne sautez jamais une dose, n’arrêtez jamais et n’ajustez jamais un médicament pour la tension à partir d’une mesure prise à la maison. C’est toujours une conversation avec la personne qui vous l’a prescrit.
Quand arrêter de mesurer et appeler le 911
Une chose à savoir calmement, puis à mettre de côté.
Si une mesure est très élevée et que vous avez aussi des symptômes, ce n’est pas le moment de reprendre la mesure. Une douleur à la poitrine, de la difficulté à respirer, une faiblesse soudaine, de la difficulté à parler ou des changements soudains de votre vision, en même temps qu’une mesure élevée, veulent dire qu’il faut appeler le 911. Appelez d’abord, vous mesurerez plus tard.
C’est rare. La plupart des mesures prises à la maison, y compris celles qui ont l’air bizarres, sont à noter et à apporter à votre prochaine conversation.
Un petit point de départ
Choisissez pour le tensiomètre un endroit où vous vous assoyez déjà : une chaise à une table, avec une surface à la bonne hauteur pour votre bras. Laissez le carnet à côté.
Demain matin, avant le café, assoyez-vous cinq minutes et prenez vos trois mesures. C’est toute la tâche. Si vous êtes membre de 360Care et que quelque chose au sujet du brassard ou des chiffres ne vous semble pas clair, écrivez à votre infirmière ou infirmier dans l’application et nous verrons cela ensemble.
